L’astrologie est l’une des plus anciennes pratiques de l’histoire de l’humanité. Dans son article « L’Astrologie dans l’Antiquité »*, Wolfgang Hübner retrace son évolution depuis les civilisations mésopotamiennes jusqu’à la Renaissance. L’auteur montre que, dans l’Antiquité, l’astronomie et l’astrologie ne formaient pas deux disciplines distinctes : les mêmes savants observaient les astres pour comprendre leur mouvement et interpréter leur influence sur le destin des hommes.
L’astrologie apparaît d’abord chez les Babyloniens. Les prêtres observent le ciel afin de prévoir les événements qui concernent le roi et le royaume. À partir de l’époque hellénistique, cette pratique évolue avec la naissance de l’horoscope individuel. Les Grecs développent un système fondé sur la position des planètes, des signes du zodiaque et du moment de la naissance. Cette méthode sera ensuite adoptée par les Romains et restera la base de l’astrologie occidentale pendant de nombreux siècles.
Le système astrologique repose sur trois éléments principaux : les sept planètes visibles, les douze signes du zodiaque et les douze maisons. Chaque planète possède des qualités particulières, tandis que les signes sont associés aux saisons, aux éléments naturels et à différents aspects de la personnalité ou du destin. Les maisons représentent quant à elles les grands domaines de la vie humaine, comme la naissance, la famille, le mariage, la richesse ou la mort. L’ensemble forme une représentation cohérente de l’univers dans laquelle chaque élément entretient des relations avec les autres.
Selon Hübner, l’originalité de l’astrologie antique réside surtout dans sa manière de penser. Les astrologues établissent des correspondances permanentes entre le ciel, la nature, le corps humain et la société. Ils considèrent que le microcosme, c’est-à-dire l’homme, reflète le macrocosme, c’est-à-dire l’univers. Cette vision repose sur l’idée que tout est relié par des analogies et que les phénomènes célestes influencent les réalités terrestres. L’astrologie devient ainsi un système global d’interprétation du monde, où les classifications, les symboles et les correspondances occupent une place essentielle.
L’auteur souligne également les liens entre l’astrologie et la philosophie stoïcienne. Toutes deux défendent l’idée d’un univers organisé selon un ordre rationnel et harmonieux. Toutefois, une différence fondamentale les oppose : alors que les Stoïciens accordent une place importante au libre arbitre et à la responsabilité morale, l’astrologie affirme que le destin humain est largement déterminé par les astres. Cette contradiction constitue l’une des principales limites du système astrologique antique.
En conclusion, Wolfgang Hübner explique que la longévité de l’astrologie s’explique par sa capacité à répondre au besoin humain de comprendre le monde et d’y trouver un ordre. À la frontière entre religion, philosophie et science antique, elle a profondément marqué les sociétés anciennes et exercé une influence durable sur la culture européenne, bien au-delà de l’Antiquité.
* Wolfgang Hübner, « L’Astrologie dans l’Antiquité », Pallas. Revue d’études antiques, no 30 (1983)

